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Deskati (Grèce)
8 décembre : Aujourd’hui a été une journée remplie d’émotions… qui aboutit sur une décision importante que je prends concernant mon voyage.
Tout a très bien commencé avec de beaux paysages, de très longues montées et peu de voitures sur les routes (ainsi qu’une vidéo de mes cheveux qui tiennent debout après plusieurs jours sans douche). Aujourd’hui nous devions pédaler 45km avec plus de 1200m de dénivelé. Nous avons donc pédalé 2 énormes montées et nous nous sommes retrouvées en hauteur, perdues dans les montagnes. On commençait à bien profiter, nous étions en forme et reposées mais j’ai sans doute dit la phrase interdite : « c’est chouette car il n’y a pas trop de chiens sur les routes ». Et à partir de 12h les événements ont commencé. À l’entrée d’un village nous avons d’abord été suivies par un groupe de 7 chiens assez agressifs. Je les ai vite dépassés mais Carla était derrière moi. C’est alors qu’elle m’a appelée en criant, la voix tremblante. En me retournant j’ai découvert que deux chiens mordaient ses sacoches et l’empêchaient d’avancer. Par chance nous arrivions à la fin de leur territoire alors nous avons continué à pédaler et nos mollets s’en sont sortis sains et saufs. Après avoir fait une petite pause pour nous remettre de nos émotions nous étions d’accord sur le fait qu’il s’agissait d’un mauvais hasard et nous avons continué notre chemin. Mais quelques kilomètres plus loin, alors que nous suivions une départementale, nous avons aperçu deux chiens au milieu de la route. Les oreilles dressées ils nous ont très rapidement senties et se sont mis à avertir leur meute. C’est alors que d’énormes chiens ont commencé à sortir de toutes parts. D’habitude, les chiens que nous croisons restent sur les bords de route et ne nous empêchent pas de passer même si leurs aboiements restent impressionnants. Mais ici, en quelques secondes, nous nous sommes faites encerclées par 15 énormes chiens (plus gros que des patous), aussi grands et musclés que nous, qui ont foncé droit sur nos vélos, la gueule ouverte. À ce moment j’étais devant Carla et je n’ai pas réfléchi, je ne savais plus quoi faire. Alors j’en ai oublié de pédaler et je me suis dirigée droit dans un fossé rocheux après que deux gros labradors aient posé leur museau sur mes jambes. Par chance ma chute a fait du bruit et les a surpris ce qui nous a laissé quelques secondes pour que je me relève. Dans la panique nous ne savions plus quoi faire alors nous avons pris nos vélos et tenté de continuer notre route en marchant. Carla était au bord des larmes et je suppliais les chiens de nous laisser tandis qu’ils commençaient à nous encercler de nouveau. Par chance une voiture est passée à ce moment et les chiens l’ont suivie une minute. Alors Carla m’a murmurée de sauter sur mon vélo et de nous enfuir le plus vite possible tandis que la voiture partait et que les chiens revenaient vers nous. Nous avons pédalé à n’en plus pouvoir. Je crois que je n’ai pas tout de suite réalisé que j’avais eu très peur alors j’ai explosé de rire sans pouvoir m’arrêter pendant plusieurs heures. Juste après l’épisode de la meute nous nous sommes rendues compte que le pneu de Carla était à plat, sans doute à cause d’un chien qui l’avait mordu. Nous avons donc gagné le village le plus proche à 6km en croisant les doigts pour ne croiser aucun autre chien. Là-bas des habitant.e.s nous ont aidées et le maire du village nous a pris dans son camion pour nous emmener dans le village voisin où Carla pourrait faire réparer son vélo. Arrivées à Deskati, Jean-Pierre le vélo de Carla s’est fait refaire une beauté et la nuit est tombée doucement. Nous avons donc cherché une église proche où camper mais nous avions encore 14km à pédaler avant de l’atteindre. Toutefois, dans le noir les chiens sont plus agressifs qu’en journée car ils ne reconnaissent pas les cyclistes des piétons et nous aperçoivent au loin avec nos lumières. Alors au bout de 3km et après s’êtres faites suivre par deux groupes de chiens ma peur a pris le dessus et j’ai demandé à Carla de faire une pause à une station essence. À ce moment le gérant est sorti de son bureau et nous a invité à prendre le thé puis nous a commandé à manger et nous a finalement inscité à poser nos tentes devant sa station en nous assurant que nous serions en sécurité pour cette nuit. J’étais tellement soulagée que je n’arrêtais pas de rire et pleurer.
Alors ce soir je réfléchis s’il est sérieux de poursuivre mon voyage à vélo en Grèce car les chiens rendent la vie impossible aux cyclistes. Non seulement je commence à avoir de plus en plus peur mais la situation peut réellement être dangereuse. Carla est du même avis et n’a d’ailleurs pas été étonnée lorsque le gérant lui a dit que la région n’était plus peuplée d’ours en raison des chiens qui sont redoutables et qui savent dissuader ! Et effectivement les chiens ne dissuadent pas que les ours…
La nuit nous portera conseil alors en attendant je vous dis à demain 🐕.
Larissa (Grèce)
9 décembre : Ce matin, le gérant de la station essence où nous avons dormi nous a accueillies avec un excellent petit-déjeuner préparé par sa femme. Et puis après un café il nous a dit de reprendre la route en nous assurant que les chiens « sont dans notre tête ». Mais comme nous n’avions pas envie de nous faire suivre par les chiens « dans nos têtes » nous avons fait de l’auto-stop quelques mètres plus loin.
Après quelques minutes seulement un conducteur s’est arrêté qui a mis nos vélos dans sa remorque. Sur la route il nous a raconté qu’il y a quelques années il avait aidé 7 cyclistes venues des Pays-Bas qui étaient bloquées sous les averses. Le hasard a fait que ce monsieur parlait parfaitement allemand car il a tenu un restaurant grec pendant 30 ans dans le village d’où vient Carla ! Sur le chemin nous avons vu plusieurs meutes de chiens dont une au milieu de la route et qui suivait les voitures en courant. Nous avons donc été très heureuses de ne pas être en vélo. Il nous a ensuite déposées dans la ville d’Elassona où nous avons essayé de faire de l’auto-stop en direction de la ville de Larissa. Mais après de nombreux échecs, un grand-père est venu nous parler pendant 1h en grec sans que nous puissions comprendre un mot de ce qu’il nous racontait. Un peu fatiguées nous avons donc décidé de partir et de prendre un bus.
Après ça nous avons fait quelques courses (à Lidl évidemment), nous nous sommes reposées dans un café où j’ai donné à Carla un petit dessin (❤️🧚♀️) et puis nous sommes parties planter nos tentes dans un parc un peu éloigné car toutes les églises étaient fermées. Carla nous a préparé un délicieux risotto et en filmant ce dernier repas ensemble nous nous sommes remémorées tous les incroyables souvenirs que nous avons créés. Je n’ai vraiment pas envie de quitter Carla mais demain je vais prendre un train pour me rendre à Athènes et elle se dirige vers Thessalonique. Par chance nous allons tout faire pour nous retrouver pour passer les fêtes ensemble. Mais elle va me manquer entre temps !
Bisous et à demain.
Larissa (Grèce)
10 décembre : Ce matin on a pris notre temps pour petit-déjeuner et replier nos affaires et puis on est parties se réchauffer dans un café. À 12h Carla m’a accompagnée à la station de train pour prendre mon billet mais c’est là que nous avons appris que deux trains par jour partent de Larissa pour aller à Athènes, un à 7h et l’autre à 18h, et que celui du jour était complet. Soulagée et heureuse de ne pas dire au revoir à Carla aujourd’hui, j’ai pris un billet pour le train du lendemain matin. Après ça nous étions bien contentes de passer la journée ensemble alors nous avons pique-niqué, papoté, visité un marché de Noël et dessiné dans deux autres cafés. Enfin à 20h nous sommes reparties dans le parc de la veille pour y planter nos tentes au même endroit.
Bisous ☕️❄️
Athènes (Grèce)
11 décembre : Ce matin Carla s’est réveillée avec moi à 5h50 pour pouvoir m’accompagner jusqu’au quai de la gare. Elle m’a même aidée à placer Dédé dans le train et les sifflets ont résonné sans que nous n’ayions eu le temps de se faire un dernier câlin. Dans le train j’ai bien pleuré en repensant à tout mon voyage et à cette magnifique rencontre faite sur le chemin. Puis à 12h je suis arrivée à Athènes ! J’ai alors pique-niqué, discuté avec quelques passant.e.s curieu.ses.x et puis j’ai traversé une petite partie de la ville pour me rendre dans une auberge de jeunesse. Il fait chaud et je pédale en tee-shirt. Le soleil éclaire les ruelles que je traverse et je trouve les rues magnifiques, colorées et chaleureuses. Sur ma route je croise un Lidl et souris en pensant à Carla. J’irai sûrement y faire des courses demain. Je vois aussi beaucoup de magasins Michelin ce qui me fait rire et me rappelle mon voyage en Auvergne au collège.
Ma journée s’achève sur une douche bien méritée après deux semaines passées dans les montagnes. Et puis une fois installée dans mon lit je me suis tout de suite endormie !
De son côté Carla a essayé de pédaler jusqu’à Thessalonique mais après un troisième pneu crevé elle a finalement pris un train. Et ce soir elle a visité un joli marché de Noël dont je vous glisse quelques photos.
Demain je visite la ville ! Loup a déjà hâte 🐺
Athènes (Grèce)
12 décembre : Pour ma première journée à Athènes j’ai commencé par une grasse-matinée. Puis je suis partie en direction de l’acropole mais sur mon chemin je suis passée devant le Musée national d’art contemporain qui m’a attirée et où j’ai finalement passé 3 heures. J’ai visité deux expositions : l’une consacrée au bien-être animal dans notre société et l’autre sur des travaux de femmes artistes qui se battent pour leurs droits.
Après ça il était déjà 15h alors j’ai décidé de reporter ma visite de l’acropole, je me suis posée à un café et je suis partie me perdre dans les rues de la ville. En passant devant les épiceries et boulangeries ça sentait bon la cannelle et les épices de Noël. Je suis passée devant un bon nombre de bâtiments abandonnés qui côtoient des immeubles flambants neufs. Il y a aussi beaucoup de magasins de réparation de voiture avec des carcasses de véhicules un peu partout. Et puis le soleil s’est rapidement couché alors j’ai juste eu le temps de photographier sa couleur orangée qui peignait les bâtiments et inondait les rues. En rentrant à mon hostel j’aperçois un Lidl qui évidemment me fait sourire.
Bisous ! 🧡
Athènes (Grèce)
13 et 14 décembre : Depuis deux jours je visite la ville d’Athènes et ses quartiers. Je suis passée au pied d’un amphithéâtre, ai marché autour de l’acropole me suis perdue dans les rues et je continue de dessiner dans les cafés, toujours accompagnée de Loup qui me donne des conseils. Alors voici quelques photos ! ☀️🌼
Je reste pour l’instant ici mais à bientôt pour la suite de mes aventures !


